Trente mélodies populaires de Basse-Bretagne (1931)/Peden an Arvoriz

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PEDEN AN ARVORIZ
LA PRIÈRE DES ARZONNAIS
Traduction française en vers de
FR.COPPÉE
                  
Musique de
L. A. BOURGAULT-DUCOUDRAY


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I

Ni voa kerzet da redet Mor
Var bourz eul lestr a vrezel
Ugent martolod’z an Arvor
Gwir vugale Breiz-Izel
Pôtred se der ha dienkrez,
Morse gwelet o krena
Rag en Envou hor Patronez
Hor Mam eo Santez Anna.

II

Kichen Eusa dre vor diroll
’ Zeus eul lestr saoz o c’hedal,
Hag a laka gant eun trouz foll,
E ganoliou da grozal.
Var zao pôtred, ha tân varnho :
Ha tregont Saoz o koueza !
Ar Vretoned jom oll var zao :
Hor Mam eo Santez Anna.

III

— Didrouz, divonet, diarc’hen,
Gant hor goulou benniget
Ni zigas deoc’h eul lestr melen,
Grêt gant ho martololed
Deut int hirio da zaoulina
Dirag ho skeuden zantel :
Plijet ganeoc’h ho benniga,
Patronez hor Breiz-Izel !

————


Cet air est un spécimen du mode hypophrygien. On remarquera la modulation passagère produite par la présence du la bémol dans l’avant-dernière phrase. Cette note — 3e degré de l’échelle hypophrygienne (transposée) — qui apparaît tantôt naturelle, tantôt avec un bémol, n’est autre chose que la fameuse corde variante du moyen âge. Elle existait aussi dans l’échelle diatonique connue chez les anciens sous le nom de système immuable.

L’air dont il s’agit se chante très fréqüemment en Bretagne, adapté à la chanson des Conscrits de Plouillau. Comme les paroles de cette chanson, qui est moderne, présentent peu d’intérêt, M. Coppée s’est inspiré, pour sa poésie, d’une autre chanson plus ancienne, mais moins répandue en Bretagne.