Pajenn:Proux - Bombard Kerne, 1866.djvu/8

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Adlennet eo bet ar bajenn-mañ
VII

qui depuis longtemps se taisaient, mais que l’on oubliait pas, se retrouvent au premier cri d’alarme, reviennent au combat avec une ardeur toute juvénile, et mêlent leurs voix à celles des jeunes et des nouveaux, pour crier avec eux :

Ah ! Nous ne sommes pas les derniers des Bretons !

De ce nombre est Prosper Proux, le plus populaire, sans contredit, des poëtes contemporains de la Bretagne. Sa charmante et sentimentale complainte des Adieux du jeune conscrit [1] — ainsi que plus d’une de ses autres chansons, relevées par une légère pointe de belle humeur, sont dans toutes les bouches en Breiz-Izel, et il serait difficile de faire quelques kilomètres aux environs de Morlaix ou de Lannion sans les entendre chanter aux moissonneurs, aux faneuses, ou sur les chemins des pardons, le soir, après le coucher du soleil.

M. Proux est un poëte de bonne race celtique, d’une originalité très accentuée, d’une verve primesautière, et endiablée.

  1. Cette pièce se trouve dans ce volume, page 17