Pajenn:Buhez Santez Nonn.djvu/24

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Adlennet eo bet ar bajenn-mañ
xix
du buhez santez nonn.

Tous ces caractères, dont le Buhez offre fréquemment des exemples, se retrouvent dans le breton d’Angleterre, comme dans celui de la France ; ils appartiennent donc [1] au génie primitif de cette langue, et l’on peut conclure que c’est d’elle qu’ils ont passé dans le Roman, puisqu’ils n’existent ni dans le Goth, ni dans le Francisque, qui nous sont parfaitement connus par des monuments encore subsistants [2].

On a voulu revendiquer ces caractères pour le latin, sous prétexte qu’ils se trouvaient quelquefois employés par les meilleurs écrivains de Rome ; tout en convenant de la vérité du fait, j’en nie la conséquence. Ces formes, presque insolites, ne dénotent-elles point, par leur rareté

  1. Relisez ce que nous avons dit page IX de cette préface.
  2. Nous avons pour le Goth, la Bible d’Ulphilas ; pour le Francisque , outre les Gloses de Keron (il vivait en 720), sur l’Oraison dominicale et la règle de saint Benoît, tous les documents écrits en Saxon, qui était le même que le Francisque, puisque saint Augustin allant prêcher la foi aux Saxos idolâtres, prit des interprètes chez la nation des Francs. « Acceperunt (August. et socii) præcipiente beato papa Gregorio de gente Francorum interpretes. » Red. Hist. liv. 1, ch. 25.