Pajenn:Le Jean - Breiz, 1867.djvu/3

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JEAN-MARIE LE JEAN



« Deiziou kaer, pelec’h oc’h-hu ? Pelec’h oc’h-hu, iec’hed ?
Bugalez karantezuz, ar c’hrenva euz ar bed,
Emgannou, stourmou trouzuz, gened ha madou braz,
Eet oc’h holl gand ann avel !… Eun dismantr ounn, siouaz !

« A wechou en em reudann dindan ma flaneden,
Ha kerkend all e welann berniou enebourien
War gein dragoun ruz Marzin, zavet gant-o o dourn,
Ha ker spountuz da weloud hag ann tan enn eur fourn.

« Neuze e rann ar maro hag e savann goude ;
Gouliet, nann mastaret, e kerzann adarre ;
Goude ar glao ar zec’hour, goude ar bed ann env,
Rag ar Feiz hag ann enor gan-in-me a zo krenv.




« Où êtes-vous, jours de splendeur ? Où êtes-vous, santé robuste . — Enfants affectueux, les plus forts de l’univers, — Batailles, combats tumultueux, beauté, biens immenses, — Le vent vous a tous emportés !… Je ne suis plus, hélas ! qu’une ruine.

Quelquefois cependant je me raidis contre la destinée, — Et tout aussitôt j’aperçois des masses d’ennemis, — Qui viennent sur le dragon rouge prédit par Merlin, en serrant leurs poings, — Et dont l’aspect est aussi épouvantable que celui des flammes à la gueule d’un four.

« Quand je les vois venir, je me couche, comme morte, et me relève ensuite ; — Blessée quelquefois, jamais souillée, je marche de nouveau ; — Après la pluie l’horizon bleu, après cette vie le Ciel, — Car la Foi et l’honneur sont chez moi toujours vivaces.