Pajenn:Kenvreuriez Breiz-Izel, 1869.djvu/58

Eus Wikimammenn
Mont d’ar merdeerezh Mont d’ar c’hlask
Adlennet eo bet ar bajenn-mañ
— 58 —


A gane unan da genta, — hag ar re-all war he lerc’h :

Ha dizio, ha digwener !

Hag a troënt, hag a lampent ! — Gabig a dostaas, hag a larjont d’ehan ;

— Deus da dansal ganimp iwe !

Ha setu Gabig dorn-euz-dorn gant-he, ha da dansal, ha da gana evel-t-he :

Dilun, dimeurz ha dimerc’her,
Ha dizio, ha digwener !

— Ha goude ?… a laras.

— Na euz kén ; petra, c’hui a oar c’hoaz ?

—Ia da !

— Oh ! larit eta, larit eta !

Ha disadorn, ha disul !

— Oh ! se na eo ket mad ! se na junt ket ! hon zonig a oa koant-kaer a-rok, ha na eo kén brema ! Petra a vo gret d’ehan ?

— Lakaad d’ehan tort egile, — a laras unan.

— Ia, ia, lakaad tort egile war ec’h hini.

Hag a oe peget tort Nonnig d’ehan war ec’h hini, hag a tistroas d’ar ger drouk en-han ha mezuz braz, m’ho ped da gredi.

Hag evel-se, ar peurest he vuhe, a renkas dougen daou vec’h, ec’h hini hag hini he gamarad.[1]

Dastummet en Plouaret gant F.-M. Ann Huel.
  1. — Dans la version de ce conte publiée par M. Corentin Tranois dans la Revue de Bretagne (1833 — tome II — page 109) sous le titre de : Histoire de Coulommer et de Guilchand, — le second tailleur bossu, Guilchand, demande le trésor laissé par son confrère qui, dédaignant l’or et l’argent qu’on lui offrait, avait préféré se voir enlever sa bosse. On ajoute la bosse de Coulommer à la sienne. Selon la tradition rapportée par M. Tranois, — « ces malins démons (les kornikaned, — qu’on appelle kornandoned dans le pays de Tréguier), — « sont condamnés par une puissance inconnue à une longue pénitence. Un mot de plus de la bouche de Guilchand allait y mettre fin pour toujours. En ajoutant à la chanson de Coulommer — disadorn ha disul, — il aurait dû dire encore tout de suite : - setu echu ar zun. — un autre, plus heureux, proféra ces paroles, — par hasard sans doute, - et aussitôt la danse infernale cessa, et depuis ce temps les kornikaned n’ont pas paru dans la vallée de Goël. » — Dans notre version, c’est pour avoir péché contre les lois de la versification, — le rhythme et la rime, que le second bossu paraît avoir été puni. —