Pajenn:Goesbriand - Gwerz Emgann an Tregont, 1837.djvu/9

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PRÉFACE.


La Bataille des Trente, fait d’armes fameux dans les annales de notre province, presque ignoré dans nos campagnes, hormis sur les lieux qui en furent le théâtre, méritait d’être célébré dans la langue nationale.

Un poème manuscrit, et postérieur, selon toute apparence, de peu d’années seulement, à l’événement, fut découvert en 1813, à la bibliothèque du Roi, par MM. de Fréminville et de Penhoet ; publié eu 1819, par Fournier, à Brest, et plus tard, en 1827, par Crapelet.

Ce poème, remarquable par sa naïve simplicité, m’ayant paru susceptible d’être traduit en breton vulgaire, j'ai essayé cette tâche. En conservant la forme, l’ordre des faits, et mème les pieuses invocations du poète anonyme, je me suis permis cependant de retrancher quelques répétitions et d’ajouter de mon cru quelques réflexions, qui donneront à mes lecteurs une idée des mœurs d’autrefois. Car c’est pour le peuple de nos campagnes que j’écris ; c’est par lui principalement que je désire être lu et compris, et c’est pourquoi je ne me suis guere écarté de 1’orthographe vulgaire.