Pajenn:Luzel - Breizadez oun, 1866.djvu/1

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Breizadez oûn


Breizadez oûn. — Sell ma lagad,
Glaz ével hini mamm ha tad,
Karantezuz ‘wit ann dut reiz,
Dû, téfall ‘wit enébour Breiz ! —

Breizadez oûn. — Ma c’haranté
Na deac’h ket ’raog ar baouranté,
Gwell ’vé ganin merwel raktâl,
Wit boût pinvidik ‘n eur vrò all !

N’eò ket Breizad ann neb na gâr
Breiz dreist peb brò war an doûar,
Ra ’n em dennò diouzin pell,
En Breiz na dleïé ket génell ! —

N’eò ket Breizad, ha ma c’halon,
Hep truez, ha kounnaret dôn,
War-n-han c’houlenn malloz al loar,
Malloz ann env hag ar gounnar ! —

Breizadez oûn. — Ma c’halon reiz
’N em laka da dridal ’n em c’hreiz,
Da dridal laouenn, da lammet,
’Vel ma klewan ma brò meulet. —

’Vel-zé eun deiz é lammo c’hoaz
O komz eûz an hini d’am choaz
Gânet ’vel-t-oun en Breiz-Izell,
Ha ’wit hè vrò pred da verwell ! —

Breizadez oûn, — glaz ma lagad,
Melenn ma bleò ha kalon-vad :
Dreist pep tra é kâran ma brò,
Hi c’hârin bèteg ar mârò ! —


Fanch Ar Moal

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Je suis Bretonne


Je suis Bretonne. Vois mon œil, — bleu comme celui de père et de mère ; — favorable à l’homme droit et loyal, — il est noir et sombre pour tout ennemi de Breiz. —

Je suis Bretonne. Mon amour — ne recule pas devant la pauvreté. — J’aimerais mieux mourir sur-le-champ — que vivre riche en un autre pays. —

Il n’est pas Breton, celui qui n’aime pas — Breiz avant tout autre pays au monde : — Qu’il se retire loin de moi, — il ne méritait pas de naître en Breiz ! —

Il n’est pas Breton, et mon cœur, — sans pitié, et profondément courroucé, — demande sur lui la malédiction de la lune, — la malédiction du ciel et du démon. —

Je suis Bretonne. Mon cœur loyal — se met à tressaillir dans ma poitrine, — à tressaillir de joie et à palpiter, — si l’on fait devant moi l’éloge de mon pays. —

Ainsi un jour il tressaillera encore, — quand je parlerai à l’homme de mon choix, — né comme moi en Breiz-Izell, — et prêt à mourir pour son pays ! —

Je suis Bretonne ; mon œil est bleu, — mes cheveux sont blonds, mon cœur est bon : — par-dessus toute chose j’aime mon pays, — et l’aimerai, jusqu’à la mort ! —

François Le Moal.

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