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Pajenn:Luzel - Soniou Breiz Izel vol 1 1890.djvu/13[kemmañ]

INTRODUCTION

Dans l'avant-propos du tome II de ses « Gwerziou », M. Luzel écrivait en 187i :

« J'en ai fini avec les Gwerziou ou chants sombres, fantastiques, tragiques, racontant des apparitions surna- turelles, des infanticides, des duels à mort, des trahi- sons, des enlèvements et des violences de toute sorte : moeurs féodales et à demi barbares qui rappellent les on- zième, douzième et treizième siècles, et qui se sont con- tinuées en Bretagne jusqu'au dix-huitième.

« J'arrive à présent aux Somiiou, où respire un autre ordre d'idées et de sentiments plus tendres et plus hu- mains : chants d'amour, douces élégies, illusions et dé- sillusions, refrains de danse, jeux et rondes enfantines etc.. Ce sera, si l'on veut, après les chênes antiques de nos forêts, les rochers de nos rivages et les vieux châ- teaux ruinés où vit encore le souvenir des rudes sei- gneurs féodaux, — les danses des pardons, aux sons des binious et des bombardesf, les fleurs, printanières des champs cl des prés, et les bruyères des landes bretonnes.

« Tel sera l'objet d'un troisième volume. Les maté- riaux en sont tout prêts. »

Ce n'est pas un volume, c'est deux volumes de Son-

1 La bombarde est une espèce de hautbois qui forme l'accom- pagnement obligé du biniou. Vue 12 sur 392

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niou que nous présentons aujourd'hui au public. Ils for- meront, pensons-nous, un digne pendant aux Giverziou. La distinction que M. Luzel établit plus haut entre l'une et l'autre catégorie de chants est l'expression fidèle de la réalité. Le peuple lui-même les sépare nettement, et c'est avec grande raison que tous ceux qui ont traité de la littérature populaire bretonne insistent, sinon sur leur opposition absolue, du moins sur leurs différences essentielles. Mais, à M. Luzel revient l'honneur d'avoir le premier groupé, en deux séries compactes, qui se cor- respondent et se complètent l'une l'autre, les Giverziou d'abord, et maintenant les Sonniou.

I

Dès 179 i, un Lorientais, Cambry, alors président du district de Quimperlé, avait été frappé, — au cours d'une mission dans le Finistère, — du caractère vrai- ment original que revêtait volontiers la poésie populaire, dans les campagnes bretonnes. 11 ne dédaigna pas de lui ménager une place, dans son Rapport * au Directoire. C'est ainsi, par exemple, qu'on y peut lire tout au long un intéressant dialogue de « demande en mariage » re- cueilli dans le pays de Scaër, et auquel est joint un com- mentaire précis et substantiel. Mais, Cambry ne savait pas le breton ou ne le savait que médiocrement. Il nous donne des traductions, jamais de textes, en sorte qu'il serait difficile de déterminer dans quelle mesure ses tra- ductions sont exactes et quel degré de foi l'on y peut ajouter.

Les premiers textes de chants populaires bretons se rencontrent, croyons-nous, dans l'ouvrage du chevalier de Fréminville *. Ce sont surtout des Giverziou, telles

1 Voyage dans le Finistère, rapport sur l'état matériel et moral dei populations de ce département.

  • Antiquités de la Bretagne, 1832-1837, 4 vol. in-8. — Ccpen-

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