Biron ha d’Estin

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Biron ha d’Estin


dastumet gant Gab Milin


Bulletin de la Société académique de Brest
1867



BIRON HA D’ESTIN


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Biron en deuz c’hoant dansal
Da rei da z’Estin ar bal.
« Pa gerrot, ’mezan, mignon ;
» Ho klask rann pell zo heb aon ;
» P’am beuz ho kavet,
» E raimp eur menuet.

Biron laouen hag ampart
A blant c’houez enn he vombard,
Ha d’Estin, gant he viniou,
Zispleg he jarritellou,
Ha dioc’h ar muzik
A lamm ’vel eur bik.

D’Estin gant he zifoc’hel
A sko ’r Biron endra c’hell
« Ac’hanta, ’mezhan, Biron,
» A gil ez it, va mignon ;

» Grit ar reverans
» D’echui ar gadans. »

« Kuit ez ann, eme Viron,
» Torret eo penn va askorn ;
» N’euz diaoul enn dour benniget
» Gwaz ’get ar c’hont konnaret ;
» Mervel a rafenn
» ’pad ann abaden. »

Biron trubuillet ha skuiz
Da zench roched a red tiz ;
Da Zant Kristof ez a buen
Da glemm euz ann abaden.
Biken, emezhan,
Gant-han ne zansann.

Biron, klaskit el leac’h all !
’r c’hont d’Estin zo eur potr fall :
War ar mor ha war ann douar[1]

D’Estin ne gav ket he bar
Paea reot ouc’h-penn
Mizou ar zonerien.


  1. Ce vers rappelle la devise de la maison de Porzmoguer : War vor ha war zouar, sur mer et sur terre, et non War vor ha war zouer, ainsi qu’on l’a inscrit depuis peu sur l’arrière du Primauguet, corvette de la Marine Impériale, autre nom défiguré sans raison et n’offrant nullement le sens attaché au premier : Porzmoguer.

    Une règle de la grammaire française, règle admise par l’Académie, ne dit-elle pas que les noms propres, n’ayant pas d’orthographe, ne doivent pas être dénaturés ? La grammaire et l’Académie ont eu d’autant plus de raison d’établir et de consacrer cette règle, basée d’ailleurs sur les convenances et aussi sur des sentiments de justice et de loyauté, que la langue française ne peut arguer d’aucun système euphonique particulier pour motiver la plus petite altération d’un nom étranger qu’elle adopte.

    Ces mêmes raisons ne pourraient être présentées contre une transformation pareille qui serait faite par la langue bretonne, la règle de l’euphonie qui la constitue essentiellement l’obligeant a mutiler tout nom étranger qu’elle veut naturaliser.