Pajenn:RBV 1867-1 p436-445.djvu/5

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LA BRETAGNE A M. DE LAPRADE.

Lorsque l’écho eut cessé d’éclater dans la forêt, — j’élevai aussitôt mes regards vers le ciel, — afin d’implorer l’aide de Dieu pour chanter, à mon tour, — dans la langue de mon pays, des vers à celui qui venait de me chanter :

« Vous n’êtes pas inconnu, Monsieur, sur la terre d’Armor ; — votre pays, ainsi que le mien, est le pays de l'honneur ; — le vent qui souffle ici souffle également chez vous, — et avec vous je m’agenouille devant la Croix du Fils de Dieu.

» L’écho des sombres forêts est l’inspiration des bardes, — et par mes soins il vous sera envoyé un faix de gui — pour vous faire garder le souvenir de mes forêts de chênes, — jusqu'à ce que vous veniez les voir, un jour à venir.

» Comme vous j’aime la solitude, son imperturbable silence ; — c’est là que nos âmes se sont rencontrées ; — elles ont rendu, de concert, témoignage à la foi du vrai Dieu ; — cette rencontre ne vous étonnera donc pas plus que moi.


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Pa baouezaz ann ekleo da grogoilla er c’hoad,
Me a zavaz d’ann envou kerkent ma daoulagad
Da c’houlenn zikour Doue evit kana, d’am zro,
D’ann hini en doa kaned, eur werz e iez ma bro.

« N’oc’h ked dizanaf, Aotrou, war zouar ann Arvor,
» Ho pro koulz ha ma hini a zo bro ann enor ;
» Ann avel a c’houez aman a c’houez ivez du-ze,
» Evel-d-hoc’h e taoulinann dirag kroaz mab Doue.
 
» Ekleo ar c’hoajou teval eo awen ar varzed,
» Ha d’e-hoc’h eur beac’h huelvar gan-in a vo kaset
» Evit ma talc’hod envor euz ma c’hoajou dero
» Ken a zeuod d’ho gweloud eunn deiz a erruo.

» Evel d-hoc’h, e karann me ann distro, he zioulded,
» Hag eno hon eneou a zo en em gavet ;
» Roed ho deuz testeni da feiz ar gwir Doue ;
» Ann dra-ze ne ked espar na d’e-hoc’h-hu, na d’in-me.