LES BABDCS D^ARMORIQUE. 477
Grallon , appelés, d'un son de votre sifflet d'or, Totre barde Favé ; à PlouneTé-Quinthi, un elerc pfein de patriotisme Tentendra aassi lui ; il lèvera la tète, et les deux bardes viendront d'un pied leste et joyeux.
Dès que le rossignol a fini de chanter, le barde de Saint-Laurent s'approche d'un air de bonne humeur du fauteuil de mousse, et le Président se lève pour accueillir avec lui les nouveaux bardes da pays de Tréguier.
Le Hégarat , le barde de Plouec, Cabec , le barde de Cavan , Guyomar et Le Gall , hommes pleins de finesse et d'esprit, font entendre alors quelque chanson comique ou le cantique de saint Yves, et lisent des traductions excellentes sans aucun mélange de français.
Puis M. Vannier, le dévot barde de Saint-Henvel , qui explique l'Evangile tous les dimanches dans son église, chante le gwerz de son saint patron , et d'une voix si harmonieuse qu'il remplit tous les cœurs de plaisir et de joie.
Enfin , le Président promenant ses regards sur rassemblée des bardes : c Merci à vous, dit-il, vous aimez la Bretape et sa langue,
> comme l'aimaient Brizeux, Durand, Guillome et Lucas, qui sont
> endormis, hélas ! dans le lit de terre.
» Vous ne savez peut-être pas encore pourquoi vous êtes appelés
> au pied de ce vieux chêne, bardes? Ecoutez donc une nouvelle
> très-extraordinaire, une nouvelle qui vous étonnera ; ne tremblez
> cependant pas, la chose n'est pas épouvantable.
> Un monsieur de Paris, nommé Charles de Gaulle, homme de
> science et de cœur, a composé un gwei^z en notre langue qu'il a » apprise par amour pour notre pays; Bretons, faisons notre devoir,
> célébrons tous son nom.
> Demandons à Dieu que sbn exemple soit suivi, que beaucoup
> fassent comme lui parmi nos cbers compatriotes, et un jour la » langue bretonne, honorée de tous , restera dans notre bien-aimé 9 pays sans se perdre jamais !