LES BARDES D'ARMORIQUE
A MONSIEUR CHARLES DE GAULLE,
BAKDI BRETOIf, A PARIS.
Le Gonidec, lèTe la tête et réjûui»-toi anjourd'bai ! i...
Le vent siffle aigu dans les grands arbres ; la mer gronde sur les côtes de Bretagne; et la chaude-souris aux ailes de peau vole vivement et en zig-zag devant la patte de la chouette.
Les feuilles sèches roulent, en tourbillons, sur le gazon, comme une bande de iantômes de tous côtés rassemblés ; et les loups , hurlant , jettent aux échos un tintamarre à faire dresser les cheveux sur toutes les tètes.
La petite rivière, gémissant dans son lit rocailleux , va porter ses eaux limpides dans les abîmes de TOcéan, les ténèbres se jouent sur la ckne des rochers escarpés, et le chevreuil , épou- vanté , se réfugie dans les broussailles.
Et combien le jour est beau ; combien la nuit est ténébreuse ! Mon Dieu, soyez béni, vous faites de si belles choses ! Avec de bons jeux je suis aveugle, mais voilà la lune qui vient éclairer les enfants de la terre.
Salut i toi , lune argentée, grande reine de la nuit, montre ta tète sur le Méné-Bré, monte au-dessus de'foal annnoz; monte, monte encore plus haut, monte toujours afin que les bardes puissent se trouver ici réunis.