LE BARDE DU MÉNÉ-BRÉ. 57
1 Notre paySy cher frère, ne t'entendra plus; on t'a descendu dans la terre froide; mais tu vivras toujours, grâce aux belles œuvres dont tu es l'auteur.
> Maintenant, dans le paradis de Dieu, reprends ta harpe, et fn's entendre des chants nombreux en l'honneur de notre Sauveur, de Notre Seigneur Jésus.
> Chante aussi à la Vierge Marie les cantique» que tu composas pour elle ; chante à la Patronne de ton cher pays de belles louanges sans fin.
> Prie-la qu'elle conserve la foi dans le cœur des enfants de la Bretagne; prie-la qu'elle conserve leur langue toujours vivante et pure parmi eux.
> Dis aussi aux vieux bardes que tu as trouvés dans le paradis, qu'il y a encore des bardes en Bretagne qui savent tenir haut leur bannière.
> Dors en paix, cher poète, dans le cimetière de la paroisse où tu es né; à toi sera légère la terre ; la terre du pays n'est pas ingrate.
]» Prêtre de Dieu en ce monde, tu es heureux dans le ciel avec Lui; et près de l'église de Saint-Gestin tu ressusciteras beau et brillant.
f Du haut des nues jette un regard sur ton pauvre pays, sur ta Basse-Bretagne, sur tes confrères les bardes, qui tous portent ton deuil.
» Mon ami Caris, adieu! nous nous retrouverons dans le paradis : quand mon corps sera au fond de la tombe, nous chanterons avec les anges. >
Puisse Dieu exaucer les vœux de l'auteur de cette élégie ! puisse le saint prêtre qui l'a inspirée en recevoir, là-haut, un surcroît de félicité I Ici-bas, ses parents, ses amis, ses confrères, sa chère pa- roisse qui ne deviendra point mauvaise y son Évêque lui-même, dont le grand esprit regarde c les services littéraires rendus au pays breton comme la chose qui honore le plus un diocèse ; > tous ceux enfin pour lesquels il prie, seront réjouis et consolés.
H. DE LÀ VlLLEMARQUÉ, Membre de nnstitut.