jùk h Bretagne d'autrefois, n le recuçillemeot, la piété, leg larmes de quarante mille pèlerins de tout costume, de tout dialede^ de toute condition, le poète arrive au couronnement de Jésus et de Marie sur un autel dressé en plein air, et sa poésie s'élève à une hauteur vraiment remarquable :
« Quand ma langue serait d'or, et mes paroles des perles, elles ne pourraient dire ce qui remua tous les cœurs : les quarante mille homnies n'avaient que deux yeux ; toutes les bouches res- taient muettes; Rumengol était dans le silence.
> Le soleil brûlant, ce roi du jour, second père de toute chose créée, était assis sur son trône le plus élevé, éclairant la nature; son front rouge comme du feu pétillait, son œil bouillait, son haleine dorait les bois, la lande , les champs et les prés.
» En voyant le diadème posé sur la tète de sa Reine, il fit éclater sa joie devant l'univers ; de mille beaux rayons il forma un cercle pour elle , une couronne plus belle que l'arç-en-ciel.
> Ainsi par le ciel et la terre fut couronnée Marie
» On eût dit qu'elle était vivante, qu'elle venait du Paradis, qu'elle donnait aux Bretons, de la part de son Fils, une bénédic- tion I 3
La fête terminée , le barde s'éloigne, mais non sans se retoumçr de temps en temps, avec un soupir, vers le clocher de Rumengol :
c Lorsque je fus loin de Rumengol, je m'arrêtai pour écouter les voix des pèlerins : ils chantaient de beaux ^werz achetés à des aveugles qui les avaient répétés le long du jour, dans les cimetières et aux alentours.
f Chantez-les, Bretons, car ce sont des poèmes remplis de talent et de verve et des meilleures expressions; des poèmes composés en pur breton, et non en breton corrompu comme ceux dont il n'y a que trop dans les bouches franco-bretonnes. ]»
Kanit anezho, Breiziz, rag beza int gwerzou Great gant skiant ha kalon, ha gant gwell-vad komiou ; Great int e brezonek mad, nann e ko; yrçsoçek Evel ar re zo kalz re e brezonek-gallek.