LE BARDE DU MÉNÉ-BRÊ
( M. L'ABBÉ CABIS. )
La poésie bretonne vient de faire nne perte qui sera Tivement sentie par tous ceux qui s'intéressent à la culture de notre langue nationale : un des écrivains du pays de Tréguier les plus recom- mandables, M. Tabbé Caris, curé de Plougraz, est mort à Plestin, le 2 juin dernier, à la suite d'une longue noaladie. Passionné pour le progrès de Tinspiration poétique en Basse-Bretagne, il avait pris part à la renaissance contemporaine, avec cette ardeur que ses com- patriotes trégorrois poussent jusqu'à l'enthousiasme, quand une noble cause les excite. Son coup de maître, son c coup de cloche > comme il le qualifiait gaiement, avait été l'écho de Tappel patrio- tique fait par Brizeux aux prêtres de Bretagne. Il eut un grand retentissement et réveilla dans le clergé des Côtes-du-Nord l'esprit breton qui s'endormait : de toutes parts on lui écrivit ce que H. le recteur de Taulé écrivait en si pur langage à l'un des promoteurs du même mouvement dans les autres évêchés : C'houi oc^h euz hon dior filet; ne welemp ket e voamp kaoZy ni dreist holl beleieny nCaz ea hor iez koz da goll *.
Colporté d'abord manuscrit de presbytère en presbytère, l'appel de M. Caris finit par être imprimé et parut, au mois de juin 1852, dans le journal la Bretagne de Saint-Brieuc sous le titre : D'ar Vreiziz DiWAR-BENN HO IEZ, — (AuxBretous au sujet de leur langue ; ) puis il fut réédité à plusieurs milliers d'exemplaires avec
prizeux aarait été tooché de ce loyal ateo.