AUX POÈTES DE BRETAGNE. 391
Plus j'ai connu la Bretagne, plus je l'ai aimée dans mon cœur ; et j'ai désiré aller dans votre pays pour y vivre et pour y mourir,
~ Comme l'oiseau désire voler à tire-d'aile vers le grand bois, ▼ers le bois vert où est encore le nid de ses frères.
Bien souvent, ô bardes ! le vent m'apporta votre voix de loin ; elle était éloquente, elle était douce et belle, elle me consolait dans mes peines;
<- Ainsi , quand retenu en cage, le petit oiseau vient à entendre la voix claire et joyeuse de ses frères, elle le console et l'attriste.
Chacun de vous avait sa harpe ; de harpe, je n'en avais point ; cependant vous avez daigné m'admettre dans votre grande con- frérie ;
— Ainsi font le rossignol , la fauvette et la linote, quand ils per- mettent à leur frère le moineau d'élever la voix auprès d'eux.
J'élèverai la mienne devant les hommes de Bretagne pour dire à mes frères bien-aimés : c Serrez-vous autour du drapeau que la Yillemarqué tient si haut ! »
— De même quand la vipère se glisse vers un nid pour saisir sa proie, tous les petits oiseaux se serrent l'un contre l'autre en diri- geant contre elle leurs becs.