LE ROITELET DE BRETAGNE. 445
LE ROITELET DE BRETAGNE
Au seuil du logis, tout près de ma porte, Est un roitelet. •— Le pauvre petit Grelotte de froid ; la bise est si forte ! Et c'est vainement qull cherche son nid.
Sous un dur buisson, sous une aubépine. Arbre qui ceignit le front de Jésus, Il souffre et se tait; sa tête s'inchne; Il se cache au fond des taillis branchus.
Quand il neige , hélas ! sur ses membres frêles ; Quand le vent gémit, pleure dans les houx. Tout silencieux, il choque ses ailes. Et, transi, grelotte entre deux cailloux.
Quand le gai printemps reprend sa parure; Quand tout reverdit sous un soleil d'or, Il paraît heureux, et sous la ramure. S'il souffre, du moins il gazouille encor.
L'hiver et l'été, malgré sa souffrance. Au lieu de se plaindre et de soupirer. Il dit dans son chant, rempli d'espérance, Qull est inutile ici de pleurer.
Sitôt que le jour brille en la campagne. Sur sa branche verte, il chante, joyeux. Dieu qui Ta créé, sa chère Bretagne, Et son hymne droit monte vers les cieux.
Du sein du vallon jusqu'à la montagne S'élève le chant qu'il dit à plein cœur; Les autres petits oiseaux de Bretagne Ecoutent sa voix pleine de douceur.