Lamentations Amères D'UN ÉCRIVAlN DE BREST Pour attrister les Bretons, il n'est nullement besoin de les envoyer loin de leur pays, à l'autre bout du monde; 'Eloignez-les seulement de leur village, de leur maison, à la distance de neuf ou dix lieux, et ils sont des étran- [gers, oui, dans une ville, en Bretagne, je crois qu'un Breton sain d'esprit peut se considérer comme étranger. Et pourquoi cela ? s'il faut le dire, Parce qu'il n'entend pas parler un mot de Breton, Parce qu'il voit les gens sortant de leur trou comme des Parmi eux pêle-mêle, beaucoup qui se remuent, [fourmis et peu de bons, ceux-ci tellement opprimés, qu'ils doivent crier force ! entravés et ligotés qu'ils sont comme un bétail déréglé ; d'eux on se moque, n'y a-t-il pas motif à me croire étranger, moi, un Breton dans cette ville, repoussé de tous, rejeté a gauche et à droite, roulé et déroulé comme une balle ? ne vaut-il pas mieux [ou les porcs m'en aller loin, à la campagne, garder les vaches que de rester à pourrir parmi les ordures de la ville ; . Quoique l'on puisse dire, pour moi je dis iii M. à m. :
Pajenn:Milin - Oeuvres posthumes - 2.djvu/3
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