Pajenn:Milin - Hirvoudou, 1856.djvu/3

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REVUE DES PROVINCES DE L’OUEST


Bepred enn he gichen
Me wel he bried ker ;
Hag oc’h harpa he benn
He verc’h vihan, eal kaer.

Tiad tud binniget,
Karet gant ar beorien,
Ra vo iec‘hed, eurded
A-zindan da doenn !

Neb a wel he vignoun
A hell beza laouen,
Harp en deuz d’he galoun
E mare ann anken.

Pelloc’h me wel glac’har
D’eunn den mad zo skoet
Gant ar maro digar,
Kreiz he nerz, he iec’hed.

Me a wel gant ho c’haon
Ho c’halounou rannet ;
Tro-war-dro d’ar vaskaon,
Mamm, bugale, pried.

Ar vamm a c’halv he map,
Ar pried he fried,
Ar vugale ho zad,
Ho zad ho deuz kollet.

Euz a vro ann elez,
Hen, he vreudeur, he dad
A zell gant karantez,
Gant doan oc’h ho zud vad.

Deliou melen ha glaz
A ia gant ann avel ;
Hag e peb oad, siouaz !
Ann den a rank mervel.

Ar roc’h en em zigor
Pa strink ann eienen ;
Kaloun pep den toc’hor
A fraill gant ann anken.


Je vois son épouse
sans cesse à ses côtés et,
à son chevet, sa petite fille, ange radieux
qui lui sontient la tête.

Maison bénie,
aimée des pauvres,
que la santé et le bonheur
règnent toujours sous ton toit !

Qui voit son ami
peut se livrer à la joie ;
son cœur a trouvé un soutien
pour le moment de l’affliction.

Plus loin, je vois une profonde douleur :
la mort impitoyable
a frappé un homme de bien
au moment où il était plain de santé et de force.

Je vois la mêre, l’épouse et les
enfants, le cœur navré,
entourant les tréteaux
funèbres.

La mere appelle son fils,
l’épouse son époux,
les enfants leur père,
leur père qu’ils ont perdu.

Du séjour des élus,
lui. ses frères et son père
regardent ici-bas avec amour
les objets de leur tendresse.

Le vent emporte
les feuilles jaunes et les vertes ;
les hommes, hélas !
meurent à tout âge.

Le roc s’ouvre
quand jaillit la source d’eau vive ;
le cœur de l’homme
se fend par le chagrin.