Pajenn:Marrec - Doctrin ar guir Gristen.djvu/9

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Gwiriekaet eo bet ar bajenn-mañ
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a l’éditeur.


J’aurais désiré de tout mon cœur mieux savoir les rudiments et les règles d’une langue si ancienne[1] que son origine se perd dans la nuit des temps ; d’une langue dont presque toutes celles de l’Europe ont emprunté une infinité de mots[2] ; d’une langue qui sert à plus d’une nation pour trouver l’étymologie d’un grand nombre de surnoms de famille[3], de noms propres de lieux, de villes, de rivières, de montagnes ; d’une langue surtout qui a servi d’organe pour prêcher Jésus-Christ dans nos contrées et qu’aucune espèce d’infidélité n’a souillée depuis quinze siècles [4]. J’espère néanmoins que j’ai écrit de manière à être facilement compris, et je prie M. Prud’homme de donner à mon travail tous les soins qui sont en son pouvoir. Les rapports favorables faits à Mon-

  1. C’est une langue que Gomer, fils aîné du patriarche Japhet, a transmise à ses descendants, selon Callimaque, Josèphe et saint Jérôme (citation du P. Grégoire).
  2. Préface de la Grammaire du P. Grégoire, page 6.
  3. Floc’h, titre d’un simple gentilhomme qui accompagnait autrefois un chevalier, en breton Marc’hec, ou, par relâchement dans la prononciation, Marec. Floc’h et Marec sont des noms de famille assez communs en Bretagne ( Le Gonidec, voir les deux noms dans son Dictionnaire).
  4. Le Père Maunoir.