Pajenn:Luzel - Sacramant ann nouenn.djvu/10

Eus Wikimammenn
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Ar bajenn-mañ n’he deus ket ezhomm da vezañ adlennet.


— Qui est là ? demande le maître, de son lit. — François Le Dantec ; ouvrez moi. — Voici, pensa Josèphe dans son lit, le frère de Françoise qui vient annoncer la mort de sa sœur; à présent, ils croi- ront, peut-être. On ouvrit la porte, et François entra et dit : — Je viens vous annoncer que ma sœur Jeanne est trépassée, cette nuit. — Un prêtre l'a-t-il confessée et extrémisée ? — Hélas 1 personne ne l'a vue mourir ! — Si ! si ! dit Josèphe, en entendant cela, de son lit ; elle s'est confessée et elle a communié, car j'étais là et j'ai vu. Il y avait d'autres que moi dans la maison, mais je n'ai reconnu que Jeannette Le Lagadec. — Que dis-tu ? Jeannette Le Lagadec, qui est morte depuis trois ans! — N'importe! elle était là en même temps que moi, je vous l'affirme ; tout cela est de par Dieu. — Elle nous a annoncé la mort de votre sœur, avant vous, dit la ménagère, et elle nous a dit qu'aucun de ses voisins n'était là; il faut la croire, et ce qui est arrivé est de par Dieu, comme elle le dit. Le curé de la paroisse interrogea Josèphe Kérandour sur ce qu'elle avait vu ; mais, il n'en sait pas plus long que les autres sur ces choses-là. Ainsi, quand quelqu'un vient à trépasser, qu'il ait été ou non assisté par un prêtre, à ses derniers moments, ne dites pas qu'il est mort sans confession ni Extrême-Onction. Dieu seul le sait^

Conté par François Thépaut, boulanger, de la paroisse de Botsorhel ; janvier 1890.

Recueilli et traduit par F. -M. Luzel.

I. Cf. une autre version, publiée dans les Légendes Chrétiennes de la Basse-Bretagne, t. II, p. 550, chez Maisonneuve, Paris.