Mont d’an endalc’had

Pajenn:Luzel - Iann Kerglogor, 1891.djvu/19

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Ar bajenn-mañ n’he deus ket ezhomm da vezañ adlennet.
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Un jour, comme il était asssis
Près d’une petite fontaine, cachée
Sous un buisson d’aune vert,
Couvert de poussière et rendu de fatigue,

Pour manger un morceau de pain noir,
Boire de l’eau, et se remettre en route aussitôt,
Voilà venir à lui une fourmi,
Une pie et un renard à queue blanche.

Et ils demandent chacun un morceau.
Il n’avait plus des crêpes de sa mère
Qu’une seule, et il la partagea
Avec les trois bêtes et leur dit :

— « Chers animaux de Dieu, prenez
« Votre part de ce que j’ai; mangez,
« Car vous avez faim, à ce que je vois,
« Et vous paraissez même être malades. »

— « Merci ! dirent les bêtes ;
« Sans toi, nous serions morts
« De faim ; quand tu seras embarrassé,
« Appelle-nous, et tu seras secouru. »

— « C’est bien et c’est beau ! »
Répondit le pâtre.
Et de se mettre en route de nouveau,
À la recherche du petit Oiseau de la Vérité.

Il avait plus de courage, à présent,
En voyant qu’il avait pour lui
Les chers animaux du bon Dieu,
Et il pensait : — si j’étais Roi !.…