Pajenn:Luzel - Gwerziou Breiz-Izel vol 1 1868.djvu/228

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Gwiriekaet eo bet ar bajenn-mañ



   — Na rann vân euz ho mantel du,
Mui ma rann euz ur boud burlu ! —
— Sellit euz ma inkane gwenn,
’ Zo ur brid-arc’hant en he benn. —

   — Na rann vân ho inkane-gwenn,
Kerneubeud ’rann euz he berc’henn ! —
— Deut-c’hui ganin-me bars ar c’hoad,
Hag a c’honefet ur gobr mad. —

   — Wit-on da veza kannerez,
Ma zad a zo en he balez……
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

   Me ’m euz ur breurik en pell-bro,
Aotro, mar klewje ho komzo,
Ho tiframje a bechadou,
Da lakad war ar c’hroaz-hentjou ! —

   — Me eo ho preurik a bell-bro,
’ Zo deut ama wit ho ampro ;
Ho lez-vamm d’in-me ’ doa laret
Ez oac’h plac’h-fall, ha n’ez oc’h ket ! —

   Kriz vije ’r galon na oelje,
Etal al lenn nep a vije,
O welet ar breur hag ar c’hoar
En em vriata gant glac’har ! [1]

Kanet gant Janet ar Gall. — Kerarborn, 1849.

  1. Ce sujet, la reconnaissance du frère et de la soeur, après une longue absence, — sept ans ordinairement, — a été très-souvent traité, comme celui du mari et de la femme, par la poésie populaire de presque tous les pays. Je me contenterai de citer, comme offrant beaucoup d’analogie avec notre chanson bretonne, la ballade écossaise de Lord Thomas et de la Gentille Annie, et surtout les deux pièces contenues dans le recueil de M. le comte de Puymaigre, Chants populaires du pays Messin (pag. 54 et 56), sous le titre de l’Épreuve. Mais la comparaison est tout à l’avantage de la jeune bretonne, comme moralité du moins. Une autre pièce, une ballade suédoise, insérée dans le recueil de M. X. Marmier, Chants du Nord (p. 175), aussi sous le titre de l’Épreuve, présente un dénouement plus conforme à celui du chant breton.