Mont d’an endalc’had

Pajenn:Luzel - Armor ou Napoléon III en Bretagne, 1864.djvu/9

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III.

Parfois aussi passe un pâtre, — en chantant le gwerz d’Arthur, de sa voix éclatante et haute ; — ou un vieux matelot, ou bien encore un pécheur, — chante Morvan Lez-Breiz. marchant au combat. — Alors il se réveille, il ouvre les yeux, — pour suivre au pays des Français Nominoë, le bon guerrier.


IV.

Il porte la main à son épée d’acier : — Mais la voix des temps nouveaux lui parle de la sorte : — « Reste-là, reste-là encore sous tes menhirs ! — « Ils sont morts, ceux que tu pleures, oui, bien morts pour ce monde ! — Nominoë, Beaumanoir, Du Gnesulin sont morts, — et le roi Arthur aussi, hélas ! pour toujours ! »

V.

Alors il s’étend. avec grande douleur, dans sa tombe : — « Dormons encore cent ans. pour attendre le temps — prédit par Merlin, où viendra, de nouveau, — Arthur dans la Petite-Bretagne, Arthur notre roi bien-aimé. — Oh ! alors je me lèverai, et dans les montagnes de Breiz. — dans les bois, sur les landes, la joie abondera ! »