Pajenn:Cadic J.-M. - Ur person a eskopti Guened e lar kenavo d'e bobl e amzer er Revolusion - RBV,1901 (T1).djvu/9

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LES PRÊTRES FIDÈLES DE L’ÉVÊCHÉ DE VANNES

cret qui l’autorisât à faire mettre en arrestation les prêtres perturbateurs c'est-à-dire tous les prêtres insermentés.

Ce décret ne devait être rendu que plus tard.

En attendant, la persécution contre les bons prêtres et même contre les simples fidèles s’aggravait tous les jours. Par ordre du directoire, plusieurs ecclésiastiques furent arrêtés dans les différents districts du Morbihan et enfermés de nouveau dans la citadelle de Port-Louis. D’autres durent se cacher pour ne pas subir la même peine. En même temps, un grand nombre de maisons religieuses furent définitivement fermées.

Parmi elles on peut citer la maison des Récollets de Pontivy, où il ne restait plus que quatre religieux, les autres étant en fuite ou ayant prêté serment pour devenir curés constitutionnels. Jusqu’à ce moment plusieurs prêtres, qui n’avaient pas été remplacés par des intrus, avaient pu se maintenir dans leurs paroisses, malgré toutes les vexations qu’ils eurent à subir de la part des révolutionnaires. Mais désormais ils seront aussi maltraités que les autres, et leur sort ne tardera pas non plus à devenir intolérable.

Un décret du 6 avril, qui prohibait tout costume ecclésiastique et religieux, vint encore aggraver la situation des prêtres catholiques en fournissant de nouvelles armes à leurs persécuteurs.

Du reste l’Assemblée Législative elle-même, pour satisfaire la haine dont elle était animée contre la religion catholique, poussait à la persécution et multipliait ses menaces de rigueur contre les ministres fidèles. Elle préparait en même temps un décret qui allait porter à son comble la persécution religieuse.

Ce décret fut rendu le 26 mai 1791. Il enjoignait à tous les prêtres de prêter le serment exigé, sous peine de déportation. Le roi Louis XVI, indigné d’une injustice aussi révoltante, refusa énergiquement de sanctionner ce décret barbare.

Ce refus exaspéra au dernier point les révolutionnaires et provoqua, à Paris, l’envahissement du palais des Tuileries par la populace ameutée, dans la journée du 20 juin.

Pe toutes parts arrivaient au roi des lettres de supplications ou de menaces pour le décider à sanctionner le décret.

Le directoire du Morbihan lui-même crut devoir faire des remon-