Pajenn:Cadic J.-M. - Ur person a eskopti Guened e lar kenavo d'e bobl e amzer er Revolusion - RBV,1901 (T1).djvu/11

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LES PRÊTRES FIDÈLES DE L’ÉVÊCHÉ DE VANNES SOUS LA RÉVOLUTION

révolutionnaires. La Convention Nationale qui succéda à l’Assemblée Législative le 21 septembre 1791 avait ordonné de poursuivre à outrance tous les prêtres insermentés. Entrant dans ses vues, le directoire du Morbihan chargea les gardes nationaux de chaque localité de parcourir la campagne, de traquer comme des bêtes fauves tous les prêtres réfractaires, et promit même une récompense de soixante livres à tout citoyen qui parviendrait à capturer ou à faire capturer quelqu’un des dits ecclésiastiques.

Plusieurs prêtres ne tardèrent pas à être arrêtés. Les uns furent enfermés dans la citadelle de Port-Louis, d’autres furent envoyés à la Guyanne. Les sexagénaires furent laissés dans la maison de Retraite des femmes, à Vannes.

Cependant les administrateurs du Morbihan, malgré leur zèle à poursuivre les prêtres catholiques, furent accusés de fédéralisme et de modération par Prieur de la Marne, envoyé dans l’Ouest par la Convention. Celui-ci les fit tous arrêter et emprisonner le 29 novembre 1793. Les nouveaux administrateurs qui les remplacèrent montrèrent aussitôt toute la haine dont ils étaient animés contre les prêtres réfractaires, en les poursuivant avec la dernière rigueur. Le tribunal criminel de Vannes fut transféré à Lorient avec ordre de ne pas ménager les prêtres insoumis qui seraient traduits à sa barre.

Il n’obéit que trop bien à cette injonction, car presque tous les prêtres qui furent déférés à ce tribunal furent condamnés à mort et guillotinés dans le plus bref délai.

Malgré les poursuites et les dénonciations, une foule de prêtres cachés dans le pays réussirent à se dérober à toutes les recherches et purent ainsi assister les pieux fidèles et leur procurer, pendant la période révolutionnaire, au péril de leur vie, tous les secours spirituels dont ils avaient besoin.


J.-M. Cadic