Pajenn:Cadic J.-M. - Ur person a eskopti Guened e lar kenavo d'e bobl e amzer er Revolusion - RBV,1901 (T1).djvu/10

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SOUS LA RÉVOLUTION

trances au monarque, et, pour se venger de son refus à sanctionner l’odieux décret, il fit arrêter de nombreux prêtres qui furent enfermés dan& la citadelle de Port-Louis.

On sait qu’après la journée du 10 août, le roi s’étant réfugié au sein de l'Assemblée, fut suspendu de ses fonctions et enfermé au Temple avec sa famille. Le véto royal contre les décrets de proscription était par le fait même annulé. L’Assemblée Législative, s’arrogeant alors tous les pouvoirs, se hâta de sanctionner elle-même ces décrets et de les envoyer daus les départements, 26 août.

Ces décrets, condamnant à la déportation tous les prêtres qui refuseraient le serment ou qui, après l’avoir prêté, l’auraient rétracté, furent reçus à Vannes le 1er septembre 1792, et notifiés aussitôt à tous les districts.

La formule du serment était ainsi conçue : Je jure d’être fidèle à la nation, et de maintenir la liberté et l’égalité, ou de mourir en la défendant.

Tous les prêtres fidèles refusèrent ce serment. En conséquence ils durent, pour obéir aux décrets, se présenter devant le directoire de leur district respectif ou devant leur municipalité pour y déclarer le pays étranger dans lequel ils désiraient se retirer, et recevoir un passeport.

Ils devaient être tous hors des limites du district sous huit jouus et hors du royaume dans la quinzaine. Ceux qui n’obéiraient pas aux décrets devaient être déportés à la Guyanne Française.

Seuls les infirmes et les sexagénaires étaient exemptés de ces dispositions.

« Parmi les ecclésiastiques détenus à Port-Louis, nous dit M. Le Mené dans son Histoire du diocèse de Vannes, six furent envoyés à Vannes comme sexaganaires ou infirmes, et trente-quatre furent embarqués pour l’Espagne, le 18 septembre. Parmi les ecclésiastiques libres, quelques-uns avaient pris les devants et s’étaient retirés en pays étrangers ; les autres se partagèrent en deux parties : une bonne moitié prit des passeports pour l’Espagne ou l’Angleterre, et l"autre moitié resta dans le pays, cachée sous des travestissements et résignée à tout souffrir pour sauver les âmes ».

C’est contre ces derniers que se tourna alors toute la rage des