Pajenn:Cadic J.-M. - Kanen Morised - RM,1894.djvu/11

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LA COMPLAINTE DE MAURICETTE


II


5. La veille, ils s’en revenaient, dit-on, ensemble du pardon de Bieuzy.

Pierre Guéganic, avec hardiesse, déclara ses sentiments à Mauricette :

6. — « Mauricette, je vous en prie dites-moi ; m'aimez-vous oui ou non ?

— « Pierre Guéganic, oui sûr je vous aime, je vous le dis du rond du cœur.

7. La petite Mauricette parlait contre sa pensée, la première fois de sa vie : elle avait peur du tailleur, et redoutait le danger :

8. — « Ma petite Mauricette, si vous m’aimez vous consentirez à devenir mon épouse : demain matin, en me levant, j’irai vous demander à votre père.

9. — « Bonjour à vous, vieillard, je suis venu vous demander votre fille.

— « Vous n’aurez pas ma fille Mauricette, ni vous ni aucun tailleur du monde.

10. — «  Mais j’ai changé de métier : je suis devenu marchand ambulant.

— Quel que soit le métier que vous ayez pris, vous n’aurez pas ma fille Mauricette.

III


11. — « Mauricette, dites-moi : où mènerez-vous vos bêtes aujourd’hui.

- « Je ne veux pas vous mentir : je les mènerai au champ à neuf sillons. »

12. Voyant que ses bêtes ne voulaient pas paître dans le champ à neuf sillons, Mauricette les mena au Pradigo.