Pajenn:Cadic J.-M. - Buhe burhuduz Sant Julian - RBV,1898 (T2).djvu/1

Eus Wikimammenn
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Ar bajenn-mañ n’he deus ket ezhomm da vezañ adlennet.
POESIE BRETONNE


LÉGENDE DE SAINT JULIEN


————


L’Église catholique célèbre les fêtes de plusieurs saints du nom de Julien. Parmi eux, saint Julien l’hospitalier, dit vulgairement le pauvre et dont nous donnons ici la légende bretonne, n’est ni le moins connu ni le moins populaire. On ignore répoque où il a vécu ; mais, d’après les Bollandistes. il aurait vu le jour à Naples où son père et sa mère s’étaient retirés.

Ces mêmes Bollandistes nous donnent encore sur ce même saint quelques détails que rapporte saint Antonin, archevêque de Florence.

D’après ces détails, Julien, poursuivant un cerf, aurait entendu comme une voix sortant de la bouche de cet animal et lui prédisant qu’il tuerait son père et sa mère. Ce fut pour éviter ce malheur qu’il quitta son pays et qu'il gagna une région lointaine. Mais la prédiction devait s’accomplir. Julien, marié à la fille d’un grand seigneur, étant un jour en voyage, fut averti que la conduite de la princesse son épouse n’était pas ce qu’elle devait être, et qu’il devait se hâter de rentrer. Ce rapport était faux. Malheureusement Julien y ajouta une foi aveugle. Il s’en retourna donc, le cœur ulcéré et l’esprit plein de projets de vengeance.

En arrivant au château, soit qu’il ne rencontrât personne, soit qu’il ne voulut prendre aucune information, il se précipita dans sa chambre, et, apercevant un homme et une autre personne dans son lit, il tira son épée et la plongea dans le sein de l’un et de l’autre.