Pajenn:Buhez Santez Nonn.djvu/27

Eus Wikimammenn
Aller à la navigation Aller à la recherche
Adlennet eo bet ar bajenn-mañ
xxii
préface

détruites, elle se trouva livrée sans défense aux sourdes attaques du Gaulois, qui toujours vivant [1] sous les entraves qu’on lui avait imposées, tendait, en se l’incorporant, à reprendre le rang dont on l’avait dépouillé.

Le rétablissement des écoles, au Ve siècle, put rendre au langage de la noblesse un certain vernis d’urbanité romaine [2], il put encore, en maintenant l’usage d’expressions exotiques, faire périr à jamais les équivalents nationaux, mais il fut impuissant à détruire dans le peuple le gé-

  1. Saint Irenée, dans la préface du premier livre contre les hérésies, s’excuse des fautes qu’il commet contre la langue, parce qu’il vit au milieu des Gaulois et a été obligé d’apprendre leur idiome. Son existence au troisième siècle nous est attestée par ce décret de l’an 250. Digest. liv. 32, tit. 1er, § 11. « Fidei commissa quocumque sermone relinqui possunt, non solum Latina vel Græca, sed etiam Punica vel Gallicana vel alterius cujuscumque gentis. » Le témoignage de Sulpice Sévère est formel pour sa permanence au cinquième. « Tu vero, inquit, vel celticè, aut si mavis gallicè loquere dum modo jam Martinum loquaris.
  2. Sidoine Appolinaire s’adresse ainsi à Ecdicius, liv. 3, lett.3, « Mitto istic… tuae personæ quondam debitum , quod sermonis celtici squamam depositura nobilitas, nuncoratorio stilo, nunc etiam camænalibus modis imbuebalur. »